Plus je cherche, et plus je comprends qu'en définitive, il n'y a Rien.
Pas plus à dire, qu'à comprendre, et qui ne vaille la peine
De cracher mon verbe plaintif et ingrat aux portes du Silence.
Perdu dans cette immensité, le tourment de mes pensées en horreur,
Je me débats sous l’œil rieur de Chronos le Destructeur, secret complice.

Là où Je Suis, aucune peur, aucun jugement, aucune souffrance

Ironie ! Une éternelle occasion m'est donnée de me délivrer de toute entrave.
Ici et maintenant.
Le doute et la douleur m'assaillent, accomplissant leur besogne d'usure.
Chaque instant j'abjure Ma propre évidence,
Selon l'antique dessein de Me définir par contraste avec le limité.
Mais l'écorce, déjà, s'effrite.
Errant dans l'inconscience, seule subsistant la promesse de la Complétude.
Puissance redoutable dissimulée au fond de l'abîme, cette graine vouée à la floraison,
Opposée à l'éternel frein de l'oubli, meut l'ensemble de la création.
Le sort en est jeté depuis les origines.
L'ultime horizon, invisible, indicible, n'en est pas moins sous les yeux du Sceptique.
Et en dépit de l'illusion, déjà, tout est accomplit !
Alors relâchant mon emprise, et embrassant de tout cœur Ce silence,
Je me laisse envahir, et m’oublie.
Là où Je Suis, aucune peur, aucun jugement, aucune souffrance,
Ni temps, ni espace, ni mesure, ni même "moi".
Seule Liberté sans fondement, involuée en l'Acte,
Joyeuse auto-création par la contrainte. Pur Amour.
Il n'y a rien qui soit,
mais pourtant,
Cela Est.
Purushottama
Anonyme